Séries documentaires radiophoniques

Le toucher est à l’honneur ! 2 chercheurs, David Julius et Ardem Patapoutian, ont décroché le prix Nobel de médecine et de physiologie pour leurs études sur le toucher. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez écouter « la méthode scientifique » sur France culture. Où il est question du toucher comme un sens encore méconnu et de toutes les découvertes et possibilités qui s’ouvrent de nos jours, comme celui des massages en psychiatrie !

Le Toucher (France Culture) : Émission de F. Fossati et M.A. Garrando
Tâter, tripoter, blesser, atteindre, choquer, heurter, émouvoir, affecter, perturber, concerner, intéresser… Le toucher n’appartient pas à une seule partie du corps, on « touche » avec tout notre corps, et de la même manière on peut être « touché ». On peut toucher au sens propre comme au sens figuré et le toucher peut provoquer en nous les mêmes sensations. Il suffit pour cela de penser aux formules que la langue française utilise avec ce mot : « toucher un mot », « être touché par quelque chose », « toucher du bois », « toucher du doigt ».
Cette émission visite différents volets du toucher, de son histoire au toucher en couture. La partie qui nous intéresse plus particulièrement et celle consacrée au toucher à l’Hôpital (M.C. Pouchelle, anthropologue). Elle commence après 1 heure d’émission et évoque les notions d’intouchable, d’attachement soignant patient, de juste distance. Très intéressant à écouter en cette période où toucher est considéré comme vecteur de la contamination à la Covid 19.

Le toucher en temps de Covid-19. France Culture 17/05/2020. Extraits d’entretiens entre Anne Vincent-Buffault, autrice de l’ouvrage "Histoire sensible du toucher" et Jacques Fischer-Lokou, maître de conférences en psychologie sociale à l’université Bretagne Sud.
AVB : Il y a toujours eu des interdits du toucher. Chez un enfant, c’est le premier sens que l’on brime parce qu’il ne faut pas qu’il se fasse mal, qu’il se brûle… Des interdits au départ liés au danger mais aussi au sacré ou aux tabous. Et aujourd’hui, c’est le tabou de l’hygiène qui opère une sorte de retour.
JFL : Nos sociétés sont de plus en plus aseptisées mais le toucher avait son importance car il était subtil, anodin. Il permettait de façon très anodine de renforcer une influence, un lien de cohésion sociale, une requête. Il permet de réduire l’angoisse d’une personne et s’utilise notamment dans le milieu médical mais aussi pour donner davantage confiance… C’était un élément non verbal qui avait beaucoup d’importance car le toucher est comme une langue, on sait la parler et la transmettre sans forcément en connaître la grammaire. […] Et être touché, cela fait du bien. C’est le cas depuis qu’on est tout petit. C’est aussi l’appartenance à un groupe social. On voit des personnes âgées justement qu’on n’ose pas toucher (avant le confinement), elles sentent qu’elles stimulent plutôt de la répulsion alors qu’au contraire, on a tout de suite envie de toucher un petit bébé. Donc être touché est un indicateur d’appartenance au groupe. […] Le toucher augmente la cohésion sociale. […].

Le saviez-vous : Les deux espèces qui connaissent la ménopause sont les orques et les femmes, l’occasion de faire l’histoire de cette étape de la vie.
Une série documentaire sur France Culture consacrée à la ménopause, du 1er au 4 mars 2021. LSD, « Ménopause pour tout le monde », une série de Perrine Kervran réalisée par Annabelle Brouard